Golden Globe Race : le retour 50 ans après

2018 fête les 50 ans de la Golden Globe Race, le premier tour du monde (officiel) à la voile en solitaire, sans escale et sans assistance. Pour célébrer cet anniversaire, la deuxième édition s’est élancée des Sables d’Olonne dimanche 1er juillet ! C’est aussi à cette occasion que Le jour de mon retour, le film de James Marsh sorti en salle en mars dernier, revient sur les événements incongrus et dramatiques qui ont rendu cette course légendaire. Une fois que vous aurez découvert le destin incroyable de Donald Crowhurst , vous ne pourrez plus l’oublier !  

La Golden Globe Race : folie ou passion ?

Arrivée de Robin Knox-Johnston, seul concurrent à boucler la Golden Globe Race

Les années 60 marquent un tournant dans l’émergence de la course au large durant lesquelles la discipline a été mis sous le feu des projecteurs. De plus en plus de voileux amateurs et de passionnés brûlent d’envie de courir les océans en quête de l’ultime aventure : la traversée de l’Atlantique d’abord, puis le Tour du Monde à la voile ensuite.

Très loin de la croisière, pour beaucoup c’était plus qu’un pari fou, c’était une aventure extrême, risquée, redoutable ! Exploits, suspens et drames ont été au programme du challenge Golden Globe Race. Inspirés par le “record du voyage le plus rapide autour du monde” établi par le navigateur britannique Francis Chichester en 1966, d’autres navigateurs montrent leur intérêt pour cette folle aventure et se lancent dans les préparatifs de leur Tour du Monde en solitaire.

Remarquant une attention croissante autour de ce record, The Sunday Times annonce le défi Golden Globe Race, deux ans plus tard en mars 1968. C’est véritablement une course unique au règlement plus que flou : pas de modèle de bateau imposé; pas de qualifications; pas de port ni de date unique de départ mais plutôt une large fenêtre – entre le 1er juin et le 31 octobre 1968. C’est donc sans surprise que l’on voit au départ des marins aux profils très variés tant au niveau des compétences nautiques que des personnalités. Ils seront 9 concurrents au total. Abandons, naufrage… un seul bouclera l’épopée. Robin Knox-Johnston parcourut plus de 30 000 milles en 313 jours, du jamais vu ! Pourtant, ce n’est pas cette victoire qu’on gardera en tête mais bien l’aventure ou plutôt “l’affaire” Donald Crowhurst qui a marqué les esprits pour toujours.

Donald Crowhurst, célèbre malgré lui

Portrait de Donald Crowhurst

Mais pourquoi tant de bruit autour de ce britannique ? Donald Crowhurst a d’abord intrigué : navigateur amateur, il n’avait aucune expérience de course au large. Puis il a passionné : pourquoi se lance-t-il dans cette périlleuse aventure sans bagage nautique ? Pour la publicité et pour l’argent ! Entrepreneur, il est à la tête d’une entreprise électronique qui a développé le Navicator, un système d’orientation par radio qu’il voulait promouvoir lors de la course et ainsi faire décoller les ventes de sa société qui bat un peu de l’aile. Deuxième raison qui l’encourage à participer : la récompense à la clé. Le gagnant remportera 5 000 livres sterling. Père de quatre enfants, ce prix offrirait une meilleure stabilité financière pour sa famille. L’ultime motivation : sa passion pour la voile et son désir fou de vivre une aventure à la hauteur de celles qui le font rêver.

Il se lance donc corps et âme dans le projet. Quelques mois seulement avant le départ, il met en chantier son “drôle” de trimaran de 12,50 mètres et il se plaît à croire en sa victoire. Pour lui, il a toutes ses chances, son catamaran sera plus rapide que les monocoques. Malheureusement, tout va déraper.

Revirement de situation : le mensonge

Donald Crowhurst sur son trimaran « Teingmouth Electron »

Alors que la presse s’enflamme pour ce “monsieur tout le monde” qui entreprend un pari givré, les choses se compliquent. Donald Crowhurst trouve un sponsor qui va l’aider à financer son aventure mais qui lui fait signer un contrat : s’il ne part pas ou s’il abandonne en début de parcours, il doit tout rembourser. S’en suit l’hypothèque de sa maison et de son entreprise. Il ne peut plus faire marche arrière ! Alors que les concurrents prennent la mer les uns après les autres et que l’échéance arrive trop vite, rien n’est prêt : ni le bateau, ni le capitaine. L’étau se referme peu à peu et il se fait prendre au piège. La pression devient incroyablement forte, il est poussé par son sponsor, par les médias, par l’argent en jeu.

Il prend finalement le départ le 31 octobre 1968, soit le dernier jour possible. Et il se rend très rapidement compte qu’il a peu de chance d’aller au bout du parcours voire même de survivre à l’aventure. Il prend la décision qui va changer sa vie : il s’invente une très belle course ! Alors qu’il ne quittera jamais l’océan Atlantique, il transmet à l’organisation des positions aux quatre coins du monde, il exagère ses performances au maximum jusqu’à détenir le record du monde du nombre de milles parcourus en une journée. Et oui, à l’époque, on n’avait aucun moyen de vérifier les positions (pas de balises, ni de satellite). Crowhurst attend patiemment que les autres concurrents le rejoignent dans l’Atlantique pour se placer derrière eux et finir la course inaperçue. Mais un à un, les premiers sont victimes d’avaries ou décident d’enchaîner sur un deuxième tour du monde (Bernard Moitessier) et malgré lui, le britannique se place en tête.

Trop loin dans son mensonge, la pression est insoutenable. S’il rentre, il risque de gagner la course et alors, ses journaux de bord seront examinés avec la plus grande attention. Quoi faire ? Le 10 juillet 1969, son bateau est finalement retrouvé à la dérive, sans personne à son bord. La vérité a fini par éclater au grand jour, Crowhurst avait reporté toute son histoire dans un journal. Suicide ou accident, d’après ses écrits, il avait sombré dans la folie….

Nouvelle édition : l’anniversaire d’une course inédite

Parcours de la Golden Globe Race 2018

Le 1er juillet, le top départ de la Golden Globe Race a à nouveau été donné, 50 après. 18 navigateurs relèvent le défi de réaliser un tour du monde à la voile en solitaire à l’ancienne, sans technologie et avec des bateaux ressemblant à celui de Robin Knox-Johnston, l’unique vainqueur du challenge. Pour le routage, ils auront à bord un sextant et des cartes en papier.

Et cette fois, plus possible de mentir sur sa trace ou de parfaire ses records, les bateaux seront équipés d’un système de tracking. L’objectif étant l’aventure plus que la victoire, replonger dans l’âge d’or de la course au large : un homme, un bateau, la mer et la solitude. Un évènement comme il en existe peu aujourd’hui et qui inspire le respect !

Suivez cette aventure unique sur le site officiel de la Golden Globe Race. En espérant que cette édition ne soit pas marquée par des rebondissements aussi incroyables qu’en 1968 !

Cet été, si vous préférez louer un bateau au soleil entre amis plutôt qu’entreprendre un tour du monde en solitaire, GlobeSailor est votre meilleur ami !

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